FAVRENE

ARTPULSION : Regard d'un couple de collectionneurs
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Favrene Il se mérite !... ...Se gagne après l'ascension de six étages sans ascenceur. Perché au sommet d'un immeuble bourgeois où la vaste cour s'orne de marronniers, de montées d'escaliers où les vitraux désuets font comme des boîtes. Transparences colorées accrochées sur les façades plus nues que sur la rue. Caquette vissée au-dessus de l'azur de ses yeux, barbe éparpillée autour de sa bouche plutôt bavarde, il vous distille à votre insu. Il se donne à vous à travers ses mots et les images de ses mythologies où dominent les bleus, sa couleur du Sagittaire. Vous reçoit en captant vos vibrations. Ermite ? Naïf ? Grivois ? Il porte avec humour les étiquettes dont certains l'ont doté. Il ne viendrait à l'esprit de personne de l'attacher à un groupe en "...isme". Indépendance oblige ! Favrene, pour moi ? Un homme qui peint ! Horticulteur, militaire, camionneur, artiste autodidacte formé au contact des Anciens durant ses séjours dans les Musées aux temps de leur gratuité... il va son chemin comme il le sent. A dix ans déjà il ornait ses cahiers de femmes charnues aux gambettes légères. Les petits hommes qui couraient autour de son lit d'enfant avaient alors disparu. L'imaginaire devenait clandestin. Ressurgi bientôt dans ses dessins. Nostalgique, il cite Picasso, persuadé comme lui qu'un artiste doit retrouver en lui l'enfant. Peintre sincère, il nous met en garde contre la vanité et l'intellect, la raison raisonnée raisonnable. Attentif aux messages de la vie, de Dieu ou de ses anges, il parle des signes sur notre route. Une grande toile accrochée sur un mur de son atelier rappelle cette faculté des objets, des créatures... à parler. Un homme désira cette peinture. Favrene protesta. L'homme la décrocha. Une guêpe le piqua. Il insista. Favrene se laissa fléchir et l'aida à porter le châssis dans sa voiture. Quelques centimètres manquaient pour embarquer Jonas - c'est le sujet de l'oeuvre - en compagnie de Dieu et du poisson. Si un jour, au Parc de la Tête d'Or, vous découvrez le squelette d'un oiseau près d'une boite de Camenbert en bois, sachez que Favrene porta les restes du moineau égaré dans son atelier. Désireux d'enterrer dignement le visiteur messager entre ciel et terre. Un dessin, exécuté près de la tombe improvisée, puis un pastel, éclatant de miroitements et de transparences, attestent ces funérailles. L'artiste rendit vie à l'oiseau en le mêlant à l'une de ses fêtes de couleurs où hommes et femmes se cernent de noir. Les animaux ? Il les aime ! Particulièrement les chevaux qui reviennent ici et là au long de ses légendes. Chevaux d'huiles ou de pastels, chevaux de bois dans les collages qu'il exécute actuellement. Après s'être attristé devant le massacre perpétré sur une porte ornée de feuilles de chêne. Désir de sauver le bois tailladé, de le transmuter par la grâce de son inspiration. Un bestiaire, des fleurs, des femmes, des palettes où se momifient les amas de pigments, des bouchons... rendent vie à des portes condamnées au feu. La mort ? L'artiste lui fait des pieds de nez. Avant le grand départ, les plaisirs de la vie ! Epicurien, Favrene aime les femmes, les bons vins et les chères voluptueuses. Son écriture clame son goût pour les courbes de la plénitude. Ascète amateur de choucroute et de bière, en harmonieuse alternance de gourmandise et d'abstinence, il est heureux de la nuit et du jour, du soleil et de la pluie. Révolté contre la télévision qui lamine les esprits. Nostalgique du temps où l'amour se déclinait sans ambages ni protections. Un homme ! Un artiste en communion par ses peintures avec l'humanité. Il nous invite à le rejoindre dans son univers de poésie où les jambes souvent levées des femmes aux seins-soleils rythment les marches des hommes vêtus. Les 2CV prennent ici des allures de Vénus des barrières et la statue de la Liberté peut bien se moquer des belles dames et des beaux messieurs, des belles voitures, des beaux immeubles... sur terre ou sur mer, elle brandira toujours son flambeau, auréolée de la lumière de la Connaissance. Que les belettes et les rats se dévorent, Monsieur de la Fontaine se réjouira sûrement des bleus et des bruns qui veloutent leurs déchirements. Favrene me reçut par un pluvieux après-midi d'automne. Notre rencontre fut pour moi comme un présage. Une borne sur ma route de peintre qui s'interroge sur l'au-delà du signe. Homme de chair, d'esprit, de désir et de rêve, digne de l'appellation "Artiste libre", il peint comme il prie. Son regard est pareil à celui des simples : ceux qui, allégés de leurs oripeaux, s'aventurent vers l'au-delà des apparences. Danielle Stéphane le 22 septembre 1995

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